Production intégrée

J’entends souvent dire que les vignerons “traitent” tout le temps leurs vignes et qu’ils utilisent plein de produits chimiques...
Cela m’énerve et m’attriste d’autant plus que ce sont quelquefois des amis qui ont une image si fausse de notre travail ! C’est un mélange d’idées inexactes et de manque d’information... et ça, c’est un peu de notre faute !...

Notre souci de l’écologie est permanent ! Nous cherchons sans arrêt à être les plus justes possibles dans notre travail, à intervenir le moins possible dans nos vignes, à utiliser toujours moins de produits phytosanitaires et de manière toujours plus ciblée....

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Mais, il faut savoir que sans traitements, pas de raisins sous nos latitudes... que ce soit, à Bordeaux, en Bourgogne ou en Suisse! Ce sont les maladies fongiques : milidou, oïdium, botrytis contre lesquelles nous devons lutter, sans quoi pas de récolte et en quelques années la vigne meurt !

La culture bio utilise des produits “naturels”: sulfate de cuivre, soufre. Nous utilisons les même produits plus quelques autres qui nous permettent des applications moins fréquentes. Du coup nous pouvons choisir d’intervenir à des moments plus favorables (quand les sols sont secs par exemple) dans le but d’éviter l’érosion et le tassement des sols, ainsi que de consommer moins de pétrole! C’est la production intégrée (PI). C’est aussi une manière de cultiver exigeante, scientifique, qui utilise des technologies modernes - comme les prévisions des maladies, données par les stations météos du vignoble, qui nous permettent des interventions rapides et ciblées.
Il y a beaucoup de choses en commun entre le bio et la PI, et nous, pour des motifs écologiques, nous avons choisi la PI depuis nos débuts !

Bien sûr, nos machines sont impressionnantes, mais en fait, elles permettent d’utiliser environ quatre fois moins de produits qu’il y a trente ans.

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Sur cette image, le tracteur enjambeur broie les sarments laissés sur le sol après la taille. On a choisi un jour où le sol était bien gelé afin d’éviter de tasser le terrain. En Suisse, on a l’interdiction de brûler les sarments alors on les broie, et cela apporte de la matière organique, de l’humus au sol.

Alors si ces sujets vous intéressent, surtout ouvrez le débat, posez des questions, et vous aurez une meilleure vision de la réalité de notre travail !

Anne